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Cela fait presque un
an que Matra nous a dévoilé la 530 et c'est
sur les petites routes de Sologne que nous avions fait sa
connaissance. L'objectif était une production de
vingt cinq voitures par jour et il semble aujourd'hui qu'il
faille attendre quelque temps encore pour qu'il soit
atteint. Les raisons de ce retard sont multiples, mais il
est important de souligner que la structure, comme les
qualités de base, n'est pas en cause. Il s'est agi,
comme il était à prévoir dès
lors qu'un constructeur passe du stade artisanal à
l'échelon industriel, de difficultés de mise
en fabrication de bien des éléments de la
voiture, de carrosserie en particulier. Des problèmes
sont apparus que l'on ne soupçonnait pas lorsque
furent produits les prototypes à l'unité. Il a
fallu aussi coordonner les fabrications des Etablissements
Carrier d'Alençon où sont assemblés les
châssis, celles de l'usine Matra de Romorantin
où sont moulées les pièces en plastique
de la carrosserie et celles enfin des Etablissements
Brissonneau et Lotz de Creil où se fait le montage
final et l'assemblage de la mécanique.
" Nous pensons
être parvenus au bout de nos peines, nous expliqua
Jean Hébert, attaché aux relations avec la
presse. Une succession de petits embêtements a
multiplié les retards qui, accumulés, ont fini
par faire près de un an. Lancer un modèle
entièrement nouveau est déjà pour un
grand constructeur une lourde affaire. Pour Matra cela
relevait du défi. S'il est vrai que peu de voitures
ont été livrées jusqu'à
présent, c'est pour la raison bien simple que nous ne
voulions pas diffuser -quand bien même en aurait-on eu
les moyens - des modèles ne correspondant pas
exactement aux standards de fabrication auxquels nous nous
sommes arrêtés maintenant. "
Comme le disait Jean
Hébert, en proposant sur le marché une
nouvelle voiture française de Grand Tourisme, Matra
prenait un pari, le même que celui, gagné, par
Jean Rédelé avec ses Alpine, le même que
celui, perdu, par René Bonnet avec ses Djets, le
même enfin que celui incertain, tenté par Sovam
et par C.G. D'autant plus que, contrairement à ce que
pourrait laisser supposer la silhouette de la voiture, Matra
refuse toute prétention sportive à la 530,
préférant la situer sur un plan bien à
elle : performances honnêtes, confort remarquable,
tenue de route exceptionnelle, aménagement rationnel.
On verra ce qu'il faut en penser. Arrêtons-nous pour
l'instant à l'esthétique, qui confère
à la 530 une personnalité bien marquée,
discutée certes mais indéniable.
Personnellement, nous avons fini par nous y faire,
regrettant simplement que les bossages de roues
arrière forment des hanches aussi
saillantes.
La
mécanique
Le châssis plateforme à trois caissons
longitudinaux comporte à l'avant et à
l'arrière un auvent prolongé par un berceau en
tôles pliées et alvéolées
soudées par point qui supporte les ensembles
mécaniques et les points d'encrage des suspensions.
Réservoir (40 litres), roue de secours, batterie sont
à l'avant, et à l'arrière on a
utilisé le volume disponible au-dessus de la boite de
vitesses pour le coffre. Le moteur, compact, est juste
devant l'essieu moteur.
Ce moteur est celui
produit par Ford pour la 17 M. C'est un V4 ( V à
60°) de 1699 cm3 alimenté par un carburateur
Solex de 32 et qui, avec un rapport de compression de 9
à 1, développe 70 ch DIN à 4800 tr/mn,
le couple maximal étant de 13,5 mkg au régime
très bas de 2400 tr/mn. Il n'as subi aucune
modification afin de permettre de bénéficier
de la garantie Ford.
Il en est de
même de la boîte à quatre rapports tous
synchronisés commandée par un court levier
central dont la poignée est bien
étudiée. Pour obtenir un facteur de
performance de 31,9 km/h pour 1000 tr/mn en 4e, on a
opté pour les jantes de 14 pouces de la Renault 16
(renforçées) équipées de pneus
Dunlop SP Sport ( sur la voiture essayée) de 165 x 14
à l'AR contre 145 x 14 à l'AV, la roue de
secours étant garnie d'un 145 x 14.
La suspension à
grande flexibilité, dont les fréquences avant
et arrière sont équilibrées, fait appel
à des quadrilatères transversaux à bras
d'inégale longueur à l'avant avec ressorts
hélicoïdaux et barre stabilisatrice ; à
l'arrière, roues indépendantes tirées
par des bras en tôle soudée, ressorts
hélicoïdaux et barre stabilisatrice.
Freins à disque
sur les quatre roues. Ce sont ceux -Bendix- de l'Autobianchi
Primula, sans mécanisme d'assistance, Direction
à crémaillère. Dimension : long. 416
cm, larg. 156 cm, hauteur 120 cm ; empattement 256 cm ; voie
AV 134 cm, AR 135 cm ; garde au sol 14 cm. Poids ( à
vide ) 840 kg.
L'équipement
La première impression est celle que laisse la
netteté de la présentation. Cadrans et
commandes sont groupés devant le conducteur :
indicateur de vitesse avec totalisateur et compteur
journalier, jauge d'essence (voyant de réserve),
ampèremètre (avec voyant de charge),
thermomètre de température d'eau,
manomètre de pression d'huile (avec voyant),
compte-tours, témoin lumineux de lanternes, de
clignotants et d'éclairage des phares. Commodo
d'éclairage pivotant classique et une manette qui
commande l'ouverture des phares (système
mécanique avec ressort tendu en permanence), la
fermeture étant assurée par une pédale
à gauche du conducteur.
L'équipement
est presque complet : miroir de courtoisie,
rétroviseur avec dispositif anti-éblouissant,
deux pare-soleil, volant réglable en hauteur (le
volant est ovale pour faciliter l'accès),
sièges très bien dessinés à
dossiers réglables en inclinaison, lave pare-brise,
essuie-glace à deux vitesses, système de
chauffage-ventilation très facile à manier. Il
manque une montre, un allume-cigare.
Le pavillon se divise
en deux parties amovibles que l'on peut ranger dans une
housse à l'intérieur du coffre avant (avantage
par rapport au hard-top classique que l'on doit laisser au
garage) et l'encadrement de la lunette arrière (elle
aussi amovible mais non transportable) forme arceau de
sécurité. Le tout est d'un maniement assez
délicat et ne garantit pas une
étanchéité parfaite. De plus, on note
souvent des bruits de carrosserie dus vraisemblablement
à des jointures imparfaites.
L'habitabilité
convient pour deux personnes et deux petits enfants sur la
banquette arrière, dont le dossier est trop vertical.
Une grande personne peut s'y installer mais en se mettant de
travers si les passagers avant reculent leurs sièges
à leur convenance.
Les
performances
Vitesse maximale :
169,882 km /h sur la piste, pour 172 km/h au compteur et
5600 tr/mn au compte-tours. Ceci correspond en ligne droite
à 173,279 km/h.
Compteur :
|
Vitesse
lue
|
60
|
80
|
100
|
120
|
140
|
160
|
|
En
4ème
|
2000
|
2650
|
3250
|
3750
|
4350
|
4900
|
|
Vitesse
réelle
|
59
|
80
|
100
|
117
|
136
|
156
|
Accélération départ
arrêté :
les 400
mètres en 18,3 s
les 1000 mètres en 34,2 s
de 0 à 100 km/h (réels) en 13,5 s
de 30 à 100 km/h en 4ème : 20,3
s
de 80 à 100 km/h : 4,1 s en 3ème ;
12,6 s en 4ème
Boîte de
vitesses à 6200 tr/mn : 50 km/h en
1ère, 90 km/h en 2ème,
130 km/h en 3ème.
Circuit routier
(9 km 181) : le meilleur tour à la moyenne
surprenante de 113,117 km/h.
Cette moyenne
définit le caractère de la Matra 530 qui, sans
se vouloir une voiture de sport, donne des résultats
auxquels on est loin de s'attendre si l'on pense à la
puissance modeste dont on dispose. Si les
accélérations sont honnêtes, si le
freinage a magnifiquement tenu malgré un allongement
de la course de la pédale et une pression assez
forte, si la boîte semble avoir des rapports un peu
longs (ce qui n'est pas pour nous déplaire), si la
direction est d'une précision exemplaire (un peu
moins de trois tours d'une butée à l'autre)
encore qu'elle soit le siège de réactions dans
certains cas, tout le mérite de la performance
réalisée sur le circuit routier revient
à l'étude de suspension qui, tout en
conférant un confort exceptionnel pour ce genre de
voiture, assure une tenue de route vraiment extraordinaire.
N'était-ce l'angle de roulis accusé (ce qu'a
voulu le constructeur comme " sonnette d'alarme ") on
n'imagine pas quelle peut être la vitesse critique de
passage dans une courbe, le comportement étant
pratiquement toujours neutre. L'empattement long rend la
voiture moins à l'aise dans les virages
serrés. Quelle adhérence et quelle marge de
sécurité !
Et la
consommation ? Tout compte fait, une dizaine de litres
aux 100 kms en conduite rapide.
PERFORMANCES
COMPAREES
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